Commission Naturaliste Géologie ou quelques aspects du Bessin. 17 et 18 mars 2007,
Par Hervé, dimanche 18 mars 2007 :: Com nat :: #29 :: rss
Cette partie de la Basse- Normandie est inféodée à la structure géologique, aux dépôts sédimentaires du Jurassique moyen (= Dogger) légèrement inclinés = structure monoclinale. Cette structure est responsable du paysage : bocage à grandes mailles = openfields.
Samedi 17 mars Le temps (météo) et l’heure de la marée nous ont permis de réaliser : 1 – une visite sérieuse du site de la faille des Hachettes à Sainte Honorine des Pertes. Ce site protégé est remarquable car il permet de toucher à de nombreuses disciplines géologiques !
A – la stratigraphie. Les couches dues aux divers dépôts sédimentaires sont nettes, diverses par leur couleur et leur épaisseur. Elles sont en raison de leur dureté différente responsables de l’allure de la falaise (matière résistante, oolithe blanche plus tendre, marnes très tendres) cf. coupe géologique.
Au niveau de la coupe, on observe le stratotype du bajocien.
B- la tectonique. Les mouvements de l’écorce terrestre d’anticlinal) soulevant une portion des sédiments avec rupture des couches = faille (normal car il y a distension).
C – la paléontologie.
De nombreux fossilessont visibles aussi bien sur la plate-forme littorale que dans la falaise (mais la récolte en est interdite). La malière et les marnes sont moyennement fossilifères, l’oolithe ferrugineuse est très fossilifère par contre le calcaire du Bessin, sommital, est très peu fossilifère.
Notre animateur, Paul, et son auditoire attentif
L’oolithe ferrugineuse présente dans 15 cm d’épaisseur une concentration de fossiles extraordinaire (preuve de courants intenses). Elle contient des bivalves, des gastéropodes, des brachiopodes, des ammonites, des bélemnites…
D- L’érosion.
Elle est l’oeuvre de la mer, du vent mais surtout de la pluie qui s’infiltre dans le calcaire du Bessin, ruisselle sur les marnes, s’infiltre dans les diaclases du calcaire à Spongiaires. La pesanteur termine le travail en déclanchant des glissements ou des effondrements de terrain. La mer déblaie ensuite et avec les matériaux tombés ou dégagés, va agresser la falaise de façon mécanique (cuvettes puis vasques dans la plateforme, formations d’aiguilles et de confessionnaux).E- sédimentation et formation de Travertin. L’eau tombée, se chargeant de CO2, dissout une partie du calcaire : hydrogénocarbonate de calcaire soluble. A certains endroits, sur les marnes de Port-en-Bessin (ou sur les couches de passages entre calcaires à Spongiaires et marnes de Port) se sont installées des mousses, qui en réalisant la photosynthèse, décomposent l’hygrogénocarbonate de calcium et le CO3 Ca (calcaire) précipite, ce qui forme le travertin. Rien ne perd, rien ne se créé, tout se transforme.
Résurgence sur la plage de Port-en-Bessin
2 – après cette longue visite, nous nous rendons à Port-en-Bessin, au pied de la Tour Vauban, pour observer des sorties d’eau douce, multiples et parfois abondantes au niveau dudébit. (certaines ont tendance à jaillir verticalement). Ce sont des résurgences de l’Aure inférieure qui devient, en partie, souterraine au niveau des fosses du Soucy. Malgré la présence de fossiles dans les marnes de Port, le vent glacial nous décide à rentrer au gîte.
3- sur le chemin du retour, nous nous arrêtons aux fosses du Soucy. A cet endroit, l’Aure, grossit depuis peu par la Drôme, s’est infiltrée dans les calcaires et les marnes, nous sommes donc en présence d’un karst souterrain. Cette année, en raison des pluies abondantes, l’Aure ne pouvant totalement s’infiltrer, a repris son ancien cours dans le champ situé de l’autre côté de la route de Tour-en-Bessin ! Il y avait donc deux cours d’eau, un aérien et le cours souterrain qui est responsable des résurgences de Port-en-Bessin.

Dimanche 18 mars. Départ vers 10h30 après révision et observation des fossiles.

A – Coup d’oeil au passage à la Fosse du Soucy puis dans le virage vers Port-en-Besin sur les dolines (cavités creusées, dans les calcaires formant de véritables cuvettes par dissolution du calcaire) et sur le point de départ des raids spéléologiques qui ont lieu pour surveiller le karst !
B – route vers Commes puis le hameau du Bouffay. Sous un vent violent et froid, nous nous dirigeons vers la droite afin d’observer l’effondrement du Bouffay qui a eu lieu le 5 août 1980, vers 17h00. Le calcaire du Bessin, très fissuré, a laissé l’eau s’infiltrer dans les marnes qui, gorgées d’eau, et elles-mêmes fissurées, se sont comportées comme un « savon tectonique » et un énorme bloc de falaise a basculé.

Cet effondrement spectaculaire dû à la pesanteur nous donne une idée des mouvements qui ont eu lieu en Alsace lors de l’effondrement de la vallée du Rhin mais ici l’ampleur est moindre (500 à 600 m de longueur et 100 à 200 m de distension). A noter que près du parking du Bouffay, nous avons observé de « petites dolines » qui permettent l’établissement de marnes temporaires sur le calcaire du Bessin. Retour au gîte vers 13h00.
L’animateur du stage, Paul Saudain.

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